De la Tailwind à la Air Max Tailwind IV, retour sur 20 années d’amorti Air

Nike Air Max Tailwind IV

Pour Nike, tout a commencé en 1971 avec la création officielle de la marque et le lancement dans la foulée de sa toute première chaussure de course, la mythique Cortez, qu’a notamment incarnée Tom Hanks dans Forrest Gump. Mais si l’équipementier américain a su s’ériger comme le numéro un du running et à préserver son leadership, c’est surtout grâce à sa technologie Nike Air. Véritablement offert à la firme de Beaverton au début des années 70 par Frank Rudy, un ancien ingénieur de la NASA, ce système initialement conçu pour la protection des cosmonautes a en effet permis à Nike d’acquérir une longueur d’avance sur tous ses concurrents qui évoluaient pourtant sur le marché depuis bien plus longtemps que lui. Il lui a fallu pour cela une dizaine d’années, le temps pour ses équipes créatives emmenées par un certain Tinker Hatfield de se rendre compte que le salut passerait par la transparence, en tout cas aux pieds des coureurs.

Nike Tailwind, aux prémices de la révolution

Contrairement à ce que vous pourriez peut-être penser, les premières silhouettes dotées du système d’amorti Air n’offraient aucune visibilité sur ce dernier. Et pour cause, les designers de l’époque avaient pris l’initiative de le dissimuler dans le talon de leurs créations afin de respecter les standards stylistiques de l’époque. En apparence, la Nike Tailwind, à qui l’on doit l’introduction de la technologie Air dans le monde du running en 1978, était ainsi une chaussure de course tout ce qu’il y a de plus normale. En apparence seulement puisqu’à l’arrière de sa semelle intermédiaire nichait un astucieux coussin d’air qu’ont approuvé certains participants du marathon d’Honolulu dès l’année suivante. L’amorti ne peut toutefois pas garantir à lui seul l’efficacité d’une bonne paire de running, en particulier sur les longues distances telles que les marathons pour lesquels l’absorption des chocs est aussi importante que la robustesse. Et sur ce point-là, la Tailwind affichait de sérieuses lacunes.

Nike s’est alors reconcentré sur le développement de modèles équipés de mousse, à l’image de la très populaire Pegasus qui a vu le jour en 1983. Cela ne l’a pas empêché de continuer à exploiter l’air en parallèle, non plus pour servir les intérêts des coureurs mais ceux des basketteurs, cette fois avec une efficacité redoutable. En atteste le succès de la Air Force 1, façonnée par Bruce Kilgore en 1982.

L’apogée de l’amorti Nike Air visible

Nike Air Max 1 - 1987
Nike Air Max 1 – 1987

Le retour gagnant de l’air sur les pistes n’a eu lieu qu’en 1987 et il est signé Tinker Hatfield, le père de la Air Max 1. A l’aube des années 90, et à la demande de ses dirigeants, l’emblématique designer a pris la mode à contre-courant en rendant visible le cœur de la technologie apportée par Frank Rudy une dizaine d’années auparavant. L’idée a germé dans son esprit au cours d’un voyage à Paris où il a été fasciné par la façade entièrement vitrée du célèbre Centre Pompidou. Face au succès de celle que l’on a dès lors pris l’habitude de surnommer ‘’La Parisienne’’, Hatfield a rapidement cherché à faire évoluer sa propre révolution. Il y est parvenu en l’espace de trois petites années, une période qui peut sembler longue mais qui était en réalité indispensable pour peaufiner les contours de sa Air Max 90, une version visuellement plus agressive que la One et plus performante que cette dernière grâce entre autres à son coussin d’air accru.

Nike Air Max 90 - 1990
Nike Air Max 90 – 1990

Nike Air Max Tailwind : l’héritière désignée

En réussissant à démocratiser leurs baskets à bulle, Tinker Hatfield et ses successeurs ont donné envie aux têtes pensantes de Nike de ressusciter la Tailwind. Dans cette optique, ils ne pouvaient faire autrement que la doter à son tour de cette fameuse fenêtre pour finalement créer la Air Max Tailwind !

Les designers chargés du projet ont commencé par délaisser le look du modèle d’origine au profit d’une ligne résolument plus moderne et donc en phase avec celle des Air Max classiques. La Air Max Tailwind première du nom est ainsi née, en 1992, avec un coussin d’air apparent enveloppé dans un manteau néanmoins empreint d’une dimension rétro indiscutable. Convaincante autant sur le plan historique que technique, la paire a performé quatre ans avant d’être remplacée par la Air Max Tailwind 96. Sortie comme son nom l’indique en 1996, cette itération se rapproche fortement de la Air Max 95 de Sergio Lozano, et ce malgré l’absence d’unités d’air sur le devant du pied. Elle est toujours considérée par les puristes comme l’une des meilleures chaussures de course de Nike des années 90. Qu’à cela ne tienne, elle a été remplacée précocement par la Air Max Tailwind II, en 1997. Passée inaperçue, ou presque, celle-ci a également laissé sa place au bout de seulement quelques mois, pour sa part à la troisième version de la série, la Air Max Tailwind III, qui a su quant à elle conquérir son public.

La quatrième et dernière Air Max Tailwind date de 1999. Elle puise ses racines dans la Air Max Plus de 1998, plus connue en France sous le nom Tn. Autant dire qu’en plus d’être l’ultime itération de la gamme, c’est aussi la plus futuriste. Jugez-en plutôt aux stries qui recouvrent son quarter panel et à la présence d’unités d’air visibles sous les orteils. La petite histoire raconte que la Air Max Tailwind IV détient encore à ce jour le record de chaussure la plus volée en Australie. Cela en dit long sur sa cote de popularité qui lui a valu de marcher sur les platebandes d’autres icônes estampillées du Swoosh. C’est assurément ce statut qui a poussé Nike à la relancer en grande pompe en 2019, pour ses 20 ans. Vous pouvez ainsi la découvrir ou la redécouvrir sur Chausport.com à travers une sélection de ses plus beaux coloris pour homme, femme et enfant.

Benjamin
AuteurBenjamin
Passionné autant par les baskets que par leur histoire, je vous propose de plonger en immersion dans la culture sneakers pour en découvrir autant les origines que l'actualité. Fan de la Air Force 1 et de la Air Jordan 1 alors que je ne sais pas dribbler et encore moins protéger ma balle, je reste à votre écoute, ou plutôt à votre lecture, pour échanger avec vous sur chacun de mes articles.

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